HISTOIRE DE L'ALLAITEMENT MERCENAIRE
ETHYMOLOGIE : Issu du latin nutricia, " qui nourrit, qui élève ", dérivé du latin classique nutrix , "nourrice" (1140).
En français, le mot nurrice (1280) désigne la femme qui allaite un enfant et apparaît dans la locution mettre un enfant en nourrice ce qui laisse entendre que ce n'est pas le sien qu'elle nourrit.
L'expression enfant changé en nourrice (1675 ) se réfère aux substitutions d'enfants qui avaient lieu pendant qu'ils étaient placés.
Le mot est devenu usuel du XVVIIème au XIXème.
Vers 1875 l'expression nourrice sèche, désigne une femme qui assure l'entretien et la garde d'un enfant contre un salaire.
Le terme de nourrisson, est issu de la même famille de mots et signifie dès le XVIème, enfant allaité par une femme. L'expression familière nounou apparaît vers 1850.
BREF HISTORIQUE : La pratique de la mise en nourrice des nouveau-nés a concerné toutes les couches de la société et ce depuis l' Antiquité. Pourquoi ne pas allaiter son enfant ? :
> Pression sociale pour les milieux aisés
> Souci esthétique
> Impossibilité d'ordre physiologique
> Tabou concernant les relations sexuelles : le sperme fait tourner le lait
> Pression économique : conditions de travail, de logement.
Dès l'époque Gallo Romaine, les femmes de la haute société font allaiter leurs enfants par des nourrices dont elles louent les services? L' habitude est prise de se présenter en certains mieux nommés " colonnes lactaires " afin de procéder au recrutement.
Au Moyen Age, cette pratique s'étend à la bourgeoisie. Un véritable marché s'instaure : les classes aisées envoient leurs enfants au bon air des campagnes tandis que les femmes des milieux plus modestes confient leur propre enfant à des proches afin de pouvoir se consacrer à cette activité lucrative. Il est évident que les enfants des nourrices , allaités artificiellement sans aucune conditions d' hygiène, auront peu de chance de survivre ...
Au XIIème, sont érigés à Paris des "bureaux de placement" gérés par des femmes nommées recommandaresses et chargées du recrutement des nourrices.
Vers 1350, la notion de salaire apparaît : un Edit Royal fixe le montant des sommes versées aux nourrices.
Au XVIIIème, le phénomène atteint toutes les couches sociales : les femmes ouvrière envoient leur nouveau-nés à la campagne. Mais n'est pas nourrice qui veut. Un " code des nourrices" apporte une réglementation dans ce marché anarchique et les curés sont chargés de délivrer les certificats de moralité. Devant répondre à certains critères ( morphologie, âge, caractère ... ) les nourrices ne sont pas assez nombreuses pour combler les demandes.
Bien qu'un mouvement en faveur de l'allaitement maternel voit le jour à la fin du XVIIIème autour des idées de Rousseau et que les notions d' hygiène progressent, le XIXème représente l'apogée de "l' industrie nourricière " (expression de l'époque). Il s'agit d'une activité de service, à domicile, soumise aux lois de l'économie de marché.
Apparaît la "nourrice sur lieu", qui est embauchée dans la famille, nourrie et logée par ses patrons, à opposer à " la nourrice à emporter".
La mortalité infantile est de l'ordre de 75% et peut atteindre 90% dans certains départements comme le Calvados. Ceci émeut les pouvoirs publics qui nomme un Comité de protection de l'enfance et impose une surveillance de la famille d'accueil par un Médecin. (Loi ROUSSEL, 1874).
En 1887, 160 crèches collectives sont gérées par l' Etat.
Au début du XXème, les notions d'hygiène et de puériculture modifient complètement la situation. A partir de 1945, parallèlement au travail des femmes se developpe le nombre des assistantes maternelles.
La loi de 1977 reconnaît la garde des enfants au domicile privé comme un métier.
Le 1er Juillet 2004 la CCN ( Convention Collective Nationale ) est conclue à Paris, applicable depuis le 1er Janvier 2005 :
Elle fixe la base minima des négociations, elle ne s'oppose pas à des accords plus favorables entre les Parents et l' Assistante Maternelle.
( CF Catégorie "Trucs Astuce" pour télécharger la CCN)
Aujourd'hui, c'est le mode de garde le plus important en France et en Europe.